Trek dans le Hoggar : quelle durée choisir pour un circuit réussi ?
Au cœur du Sahara central, le Hoggar attire de plus en plus de randonneurs en quête de silence, de paysages volcaniques irréels et de rencontres touarègues authentiques. Pourtant, une question revient systématiquement au moment de réserver : combien de jours prévoir pour un trek réussi dans le Hoggar sans revenir exténué ou, au contraire, frustré d’en avoir trop peu vu. Entre les circuits courts autour de Tamanrasset, les itinérances de 7 à 10 jours dans l’Atakor et les grandes traversées combinant Hoggar et Tefedest, chaque durée dessine une expérience différente, avec un engagement physique, logistique et budgétaire spécifique.
Beaucoup de voyageurs, comme Nadia et Karim, un couple de trentenaires venu de Lyon, hésitent entre une escapade d’une semaine et un voyage plus long de 12 à 13 jours. Ils rêvent de l’Assekrem au coucher du soleil, de la silhouette du mont Tahat, des nuits sous les étoiles et des feux partagés avec l’équipe touarègue. Mais comment concilier ces envies avec les contraintes de congés, de budget et de condition physique. L’enjeu n’est pas seulement de “tenir” le trek : la bonne durée doit laisser de la place à la contemplation, aux échanges et aux imprévus, sans transformer la marche en marathon permanent. C’est là que l’analyse du relief, des temps de transfert en 4×4, de l’acclimatation à l’altitude relative et du climat saharien devient précieuse pour faire un choix éclairé.
Durée idéale d’un trek dans le Hoggar : comment choisir entre 5, 8, 10 ou 13 jours ?
La première clé pour choisir la bonne durée de trek dans le Hoggar consiste à bien comprendre ce que recouvrent les différentes formules. Il ne s’agit pas seulement d’ajouter des jours de marche : chaque palier de durée ouvre l’accès à des massifs, des ambiances et des rencontres spécifiques. Une boucle de 5 ou 6 jours au départ de Tamanrasset ne propose pas la même immersion qu’un circuit de 10 jours dans l’Atakor et la Tefedest, ni qu’une grande itinérance de 13 jours avec transferts, bivouacs et visites plus complètes.
Les circuits les plus courts, autour de 5 à 7 jours, conviennent aux voyageurs qui découvrent pour la première fois la randonnée itinérante en contexte saharien. Ils permettent souvent de rayonner autour de l’Assekrem, d’atteindre quelques points de vue emblématiques et de passer plusieurs nuits en bivouac, tout en limitant le nombre d’heures de marche quotidiennes. C’est un format rassurant pour ceux qui ne sont pas certains de supporter plusieurs jours d’affilée de 4 à 6 heures de marche sur sentes, regs et oueds rocailleux. Toutefois, ce type de durée impose souvent des transferts plus rapides et laisse moins de marge pour les détours vers des sites comme la Garet el Djenoun ou certains oueds de la Tefedest.
À partir de 8 jours de trek réel, la situation change : on entre dans des itinéraires plus complets qui combinent généralement les hauts plateaux volcaniques de l’Atakor et l’ascension facultative de sommets comme le Tahat ou des points de vue à plus de 2600 m, avec une immersion progressive dans le rythme du Sahara. Les journées de 3 à 6 heures de marche s’enchaînent à un tempo régulier, au rythme des dromadaires et de l’équipe chamelière. C’est dans ce type de configuration que les voyageurs racontent souvent avoir “décroché” vraiment de leur quotidien, quelque part entre le troisième et le cinquième bivouac, lorsque la notion de temps se cale sur le lever du jour, le feu du soir et le service du thé.
Les circuits de 10 jours de marche sur 12 ou 13 jours de voyage représentent aujourd’hui le format de référence pour explorer le Hoggar de façon sereine. Ils laissent suffisamment de temps pour : s’acclimater à Tamanrasset, rejoindre les gorges d’Ilaman en 4×4, progresser tranquillement vers le Tahat, basculer vers l’Assekrem, passer une nuit inoubliable à proximité de l’ermitage du Père de Foucauld, puis filer vers la Tefedest, ses oueds sablonneux et ses dômes granitiques ornés de peintures rupestres. Ce type de durée est idéal pour qui veut alterner effort et contemplation, tout en limitant les transferts routiers à ce qui est nécessaire pour varier les paysages.
Enfin, certaines agences proposent des treks encore plus longs, 12 jours pleins de marche ou davantage, dédiés aux randonneurs aguerris. Là, le rythme devient plus soutenu, les étapes peuvent atteindre 15 à 20 km sans sentier marqué, parfois hors piste, avec dénivelés cumulés importants. Ces formats permettent d’évoluer plusieurs jours d’affilée loin de toute route, au cœur de l’Atakor ou de la Tefedest, mais ils supposent une excellente condition physique, une réelle habitude de l’itinérance et une forte capacité d’adaptation à la sobriété saharienne (eau, alimentation, confort minimal).
Pour trancher entre ces différentes durées, il est utile de se poser quelques questions concrètes : combien de jours sont disponibles en tout, temps de vol compris ? Quelle est l’expérience de randonnée récente sur plusieurs jours ? Y a-t-il un désir fort de combiner d’autres régions d’Algérie, comme le Sahara occidental ou des villes du nord, ce qui pourrait rééquilibrer le temps passé dans le Hoggar ? La bonne durée est celle qui permet de vivre le désert intensément sans sacrifier l’écoute de son corps et la disponibilité mentale. Dans cette logique, pour la majorité des voyageurs, un trek de 10 jours de marche sur une douzaine de jours de voyage offre l’équilibre le plus harmonieux.
Trek de 6 à 7 jours dans le Hoggar : pour qui et avec quel programme type ?
Un trek d’une semaine dans le Hoggar convient particulièrement aux voyageurs qui souhaitent conjuguer découverte saharienne et contraintes de congés limités. Sur 6 ou 7 jours de terrain, il est possible d’organiser un itinéraire concentré autour de Tamanrasset, de l’Atakor et de l’Assekrem, en limitant les transferts routiers trop longs. Ce format séduit aussi les personnes qui ont une pratique occasionnelle de la randonnée et qui redoutent l’enchaînement d’une dizaine de jours de marche, même à rythme modéré.
Concrètement, un programme type d’une semaine débute généralement par l’arrivée à Tamanrasset, cette ville charnière à 1400 m d’altitude, à environ 2000 km au sud d’Alger. Après une courte nuit en auberge et un premier contact avec l’équipe locale, les 4×4 quittent la transsaharienne et remontent vers les gorges étroites de l’oued Ilaman. C’est là que s’organise la rencontre avec l’équipe chamelière touarègue et que s’installe le premier bivouac, souvent au pied de l’aiguille volcanique d’Ilaman (2739 m). Pour beaucoup, ce premier soir sous les étoiles, loin des lumières de la ville, pose le décor émotionnel du voyage.
Les journées suivantes s’enchaînent avec 3 à 5 heures de marche par jour, ce qui laisse du temps pour observer les pitons de basalte, les plateaux d’altitude, les oueds pierreux encadrés de tamaris. Une journée clé est celle qui mène progressivement au pied du mont Tahat, plus haut sommet d’Algérie. L’ascension jusqu’aux 3003 m peut être proposée en option : elle exige un pas sûr sur pierrier, un peu de résistance au vertige et une forme physique correcte, mais aucune difficulté technique majeure. Sur un circuit d’une semaine, il n’est pas rare que l’ascension soit raccourcie ou adaptée, pour laisser le temps de poursuivre ensuite vers l’Assekrem.
Le moment fort de ce type de trek est souvent la montée vers le plateau de l’Assekrem (environ 2728 m), célèbre pour ses panoramas embrassant les sommets de l’Atakor : Tizouyag, Assaouinen, Oul, Taridalt… La visite de l’ermitage du Père de Foucauld, la rencontre éventuelle avec les petits frères qui y vivent encore, puis le retour au bivouac en contrebas offrent une parenthèse à la fois historique, spirituelle et paysagère. Sur une durée de 6 ou 7 jours, on se concentre souvent sur ce cœur de massif, sans descendre très loin dans la Tefedest.
Ce format court a un autre avantage : il permet de réserver quelques jours supplémentaires pour découvrir d’autres régions d’Algérie. Certains combinent par exemple leur semaine de marche dans le Hoggar avec une escapade vers d’autres zones sahariennes emblématiques, comme celles décrites dans des itinéraires dédiés au Sahara algérien et ses grandes dunes. D’autres préfèrent consacrer un jour ou deux à Alger ou à une ville du nord pour mieux saisir le contraste entre le littoral méditerranéen et l’univers minéral du sud.
Bien sûr, qui dit durée plus courte dit aussi rythme un peu plus dense. Les transferts en 4×4 sont souvent regroupés au début et à la fin du voyage, les journées d’acclimatation sont réduites et le temps de pause au camp est plus restreint. Pour un randonneur occasionnel, c’est néanmoins un excellent compromis pour tester un premier trek saharien sans se lancer immédiatement sur 10 jours de marche. Et pour les voyageurs qui ont déjà une bonne expérience des grands espaces, cette durée peut être l’occasion d’un “shot” de désert avant de revenir, plus tard, pour une itinérance plus longue.
En résumé, sur une semaine, le Hoggar offre déjà un visage puissant : aiguilles volcaniques, lumières rasantes, silence absolu et chaleur humaine des équipes locales. Cette durée convient à ceux qui veulent vivre une parenthèse intense mais gérable, tout en gardant des forces pour explorer d’autres facettes de l’Algérie.
Circuit de 10 jours de marche : l’équilibre parfait entre immersion dans le Hoggar et gestion de l’effort
Pour de nombreux voyageurs, le trek de 10 jours de marche dans le Hoggar, étalé sur 12 à 13 jours de voyage, représente le format le plus harmonieux. Ce type de circuit permet de combiner deux massifs emblématiques — l’Atakor et la Tefedest — sans se presser, en acceptant un rythme de progression régulier mais serein. Il offre surtout le temps nécessaire pour que le groupe s’apprivoise, pour que chacun trouve son tempo, et pour que le désert devienne un univers familier plutôt qu’un décor traversé en coup de vent.
Dans un itinéraire courant, après l’arrivée à Alger puis à Tamanrasset, le trek commence par les gorges d’Ilaman et l’aiguille éponyme, comme pour les circuits plus courts. Les premières journées servent d’échauffement, avec des étapes de 3 à 4 heures, sur un terrain de sentes, de pierriers et d’oueds. L’équipe touarègue, composée d’un guide francophone, d’un cuisinier, de chameliers et de chauffeurs, assure le portage des bagages, de l’eau et de la logistique du bivouac. Chaque marcheur ne conserve dans son sac que ses affaires de la journée : eau, coupe-vent, crème solaire, petit matériel photo ou carnet de notes.
Progressivement, le groupe s’élève vers le pied du mont Tahat, où un bivouac est souvent installé autour de 2200 m d’altitude. L’ascension facultative du sommet, proposée sur une journée ou une demi-journée, se fait sans sentier tracé, dans un univers de blocs et d’éboulis. Ceux qui choisissent de rester au camp vivent un autre type d’expérience, plus contemplative, en observant la lumière glisser sur les dômes volcaniques. Cette liberté de choix évite de créer une pression au sein du groupe : chacun peut adapter son effort à sa condition physique sans se sentir “moins randonneur”.
Après le Tahat, l’itinéraire mène généralement vers l’Assekrem, avec une montée à pied jusqu’au plateau. La visite de l’ermitage, la vue panoramique sur les sommets, puis la descente vers le bivouac sont autant de séquences marquantes. Sur un circuit de 10 jours, il est possible de rester davantage de temps dans ce secteur mythique, par exemple en profitant d’un lever de soleil sur les aiguilles volcaniques ou d’une longue veillée autour du feu avec l’équipe locale, qui partage volontiers récits, musique et histoires du pays touareg.
La deuxième partie du trek se déroule souvent dans la Tefedest, après un transfert en 4×4 par la transsaharienne, via In Amguel. Là, le paysage change : grandes plaines sableuses, oueds comme Abezzou ou Amser, petits cols ensablés (Tin Malou, Téhé n’Ahar, Téhé n’Tachelin), dômes arrondis de Timaqatin ornés de peintures néolithiques… Les marches restent accessibles, avec des journées entre 4 et 6 heures, mais le terrain devient plus varié, alternant sections sablonneuses, chaos rocheux et plateaux parsemés de dunes. C’est aussi dans cette phase que la gestion de l’eau et de la sobriété alimentaire devient plus tangible.
L’équipe fait régulièrement le plein aux puits (comme celui d’Amser) ou aux gueltas, et demande aux participants de traiter systématiquement l’eau grâce à des pastilles ou filtres. Les repas, simples mais nourrissants, s’articulent autour de salades composées le midi, de plats chauds le soir (riz, pâtes, semoule, taghella, pain cuit sous le sable) et du rituel des trois thés. Cette simplicité, parfois déroutante pour des voyageurs habitués à plus de confort, devient peu à peu un élément central de l’expérience. Elle fait écho à l’esprit de nombreux récits de voyage sahariens, où l’on retrouve l’essentiel dans peu de choses.
Pour visualiser ce que représente un tel circuit, il peut être utile de comparer les efforts demandés selon la durée :
| Type de trek dans le Hoggar | Jours de marche | Heures de marche/jour | Public conseillé |
|---|---|---|---|
| Circuit court autour de l’Assekrem | 5 à 7 | 3 à 5 h | Randonneurs occasionnels, première expérience saharienne |
| Itinérance Atakor + Tefedest | 8 à 10 | 4 à 6 h | Marcheurs réguliers en bonne forme générale |
| Grande traversée prolongée | 11 à 13 | 5 à 7 h, parfois hors sentier | Randonneurs expérimentés en quête d’isolement |
Sur 10 jours de marche, la progression reste à la fois exigeante et gérable pour tout marcheur en bonne condition. Le groupe dispose d’assez de temps pour visiter des sites comme la Garet el Djenoun, la “montagne des génies”, avant de revenir vers Tamanrasset pour une dernière nuit en auberge et un tour au marché d’artisanat touareg. Cette durée offre aussi plus de souplesse en cas de petite alerte de santé, de fatigue, ou de météo capricieuse : l’itinéraire peut être légèrement ajusté sans sacrifier les incontournables.
En définitive, le trek de 10 jours dans le Hoggar représente une forme de “médiation” idéale entre le court séjour de découverte et la grande transhumance saharienne. Il laisse une empreinte durable, sans pousser le corps au-delà du raisonnable, et donne le temps d’apprivoiser cette terre mystique qui a fasciné tant d’explorateurs.
Grands treks de 12 à 13 jours : quand prolonger son circuit dans le Hoggar et la Tefedest ?
Allonger son trek à 12 ou 13 jours de marche, voire davantage, change en profondeur la nature du voyage. On ne se contente plus d’un aperçu, aussi spectaculaire soit-il : on accepte véritablement de vivre au rythme du Sahara, d’adopter ses contraintes et ses lenteurs, de se laisser modeler par ses paysages. Ce type de durée attire surtout les randonneurs au long cours, ceux qui ont déjà goûté à des itinérances de plusieurs jours dans les Alpes, l’Atlas, le Népal ou d’autres déserts, et qui cherchent une immersion plus radicale dans le Hoggar.
Sur un tel format, l’itinéraire peut être enrichi de multiples manières. Il devient possible de rester plus longtemps dans des zones peu fréquentées de l’Atakor, de multiplier les bivouacs dans des oueds reculés, ou encore de programmer plusieurs jours consécutifs dans la Tefedest sud, autour de sites comme Oued Sendider, In Tounin ou Dihin Allela. Les étapes prennent parfois la forme de longues traversées hors sentier, sur 15 à 20 km, avec des dénivelés cumulés pouvant atteindre 700 à 1200 m dans la journée. Les passages de petits cols ensablés et les descentes sur sable, comme dans le couloir d’In Takoufé, deviennent alors des moments forts de la progression.
Cette durée prolongée permet aussi une immersion culturelle plus profonde. Les soirées au bivouac, rythmées par la préparation du repas, la préparation du pain sous le sable, le thé partagé, la musique et les discussions, prennent une importance grandissante. Les voyageurs ont le temps de poser des questions sur la vie touarègue actuelle, sur les mutations économiques du Sahara, sur les liens entre le Hoggar et d’autres régions algériennes. Ceux qui le souhaitent peuvent prolonger cette compréhension en s’intéressant, en amont ou au retour, à des analyses plus globales sur le pays, comme celles proposées autour de l’Algérie en tant que destination incontournable du Maghreb en 2026.
Qu’apporte vraiment ces quelques jours supplémentaires ? D’abord, une meilleure gestion de la fatigue. En alternant étapes plus soutenues et journées plus courtes, l’itinéraire laisse davantage de temps pour se reposer à l’ombre d’un acacia ou d’un tamaris, pour se baigner dans une guelta lorsque cela est possible, ou simplement pour contempler la progression des ombres sur les parois volcaniques. Ensuite, une plus grande flexibilité en cas d’imprévu : un participant fatigué, un problème mécanique sur un véhicule, une météo temporairement défavorable. Sur 7 jours, un contretemps contraint vite à renoncer à un sommet ou à un site ; sur 12 jours, il devient plus facile de réorganiser.
Évidemment, cette durée implique un engagement financier et logistique plus important. Les vols internationaux et domestiques, le visa à l’arrivée, le portage, l’encadrement par le guide et l’équipe locale, la pension complète du petit-déjeuner du deuxième jour jusqu’au dîner de l’avant-dernier soir représentent un investissement. À cela s’ajoutent le prix du visa (souvent autour de 110 à 165 € à régler sur place), les pourboires d’usage, les dépenses personnelles à Tamanrasset. En contrepartie, cette durée maximise le ratio “jours de marche / jours de voyage”, surtout depuis l’Europe, où le trajet jusqu’au sud de l’Algérie représente déjà un effort en soi.
Pour savoir si un trek de 12 ou 13 jours est adapté, il est utile d’examiner honnêtement quelques points :
- Condition physique : une pratique régulière de la randonnée, du trail ou d’un sport d’endurance est vivement conseillée.
- Expérience de l’itinérance : avoir déjà vécu plusieurs nuits en bivouac, avec un confort simple, aide à mieux apprécier la durée.
- Capacité d’adaptation : accepter la sobriété de l’eau, des menus, de l’hygiène, ainsi que les aléas (poussière, vent, froid nocturne).
- Motivation culturelle : l’envie d’échanger avec les équipes locales, de comprendre l’histoire du Hoggar et du Sahara algérien.
Pour un marcheur expérimenté, ces treks longs deviennent souvent des voyages fondateurs, marquant durablement la mémoire. Pour un randonneur plus novice, ils peuvent en revanche s’avérer éprouvants et générer une fatigue qui masque peu à peu la beauté des paysages. C’est pourquoi, même si ces longues durées font rêver, il est souvent préférable de commencer par un circuit de 8 à 10 jours, puis de revenir pour une grande traversée lorsque l’on connaît mieux ses réactions au désert.
Au fond, prolonger son séjour dans le Hoggar revient à accepter que le trek ne soit pas seulement une performance sportive, mais un exercice de patience et de disponibilité, où chaque jour rajoute une couche de compréhension à cette “cathédrale de pierres et d’éternité”.
Adapter la durée de son trek dans le Hoggar à son niveau, à la saison et au budget
Choisir la durée de son trek dans le Hoggar ne se résume pas à une simple question de congés disponibles. Il s’agit de faire coïncider niveau physique, saison choisie et budget avec le type d’expérience recherchée. Un même circuit de 10 jours peut se vivre très différemment selon que l’on marche en plein hiver saharien, avec des nuits glaciales mais des journées douces, ou au printemps, lorsque la chaleur diurne monte rapidement et pousse à partir très tôt le matin.
Sur le plan physique, les organisateurs recommandent généralement de pouvoir marcher 3 à 6 heures par jour, avec un sac léger, sur des terrains variés : sentes caillouteuses, regs, oueds, plateaux rocailleux, dunes modestes. Pour les circuits les plus engagés, la capacité à supporter 700 à 1200 m de dénivelé positif dans la journée, parfois sans sentier balisé, devient un critère important. Pour éviter les mauvaises surprises, certains proposent des tests de niveau ou des questionnaires d’auto-évaluation, afin de s’assurer que le trek choisi correspond bien au profil du voyageur.
La saison influe également sur le ressenti de la durée. Entre novembre et février, les températures nocturnes peuvent descendre en dessous de 0 °C, ce qui impose un duvet très chaud (confort entre -5 °C et -10 °C) et une bonne gestion de l’humidité corporelle. En revanche, les journées restent agréables pour marcher, et le risque de canicule est limité. À l’inverse, au printemps ou en début d’automne, les nuits sont plus clémentes, mais la chaleur diurne rend parfois les étapes plus éprouvantes, surtout si la durée du trek est longue. Dans ce cas, un circuit de 7 à 8 jours peut être plus raisonnable qu’une grande traversée de 13 jours.
Le budget, enfin, ne peut pas être ignoré. Au coût du vol international et national, viennent s’ajouter : le prix du visa à l’arrivée (souvent autour de 110 à 165 € pour un séjour de moins de 90 jours), les pourboires (environ 50 € minimum pour l’ensemble de l’équipe), l’assurance multirisque, et les dépenses personnelles à Tamanrasset (artisanat, textiles, boissons, éventuelles nuitées supplémentaires). Plus la durée du trek augmente, plus la pension complète, le portage, le gaz, le matériel de bivouac et la rémunération de l’équipe s’étalent sur de nombreux jours.
Pour certains voyageurs, la solution consiste à étaler un projet saharien ambitieux sur plusieurs séjours. Un premier circuit de 6 à 7 jours dans l’Atakor, puis, quelques années plus tard, une grande itinérance combinant Hoggar, Tefedest et peut-être un autre massif saharien. D’autres profitent d’une année particulière — sabbatique, changement de vie, congé longue durée — pour s’offrir d’emblée un voyage plus long, en combinant le trek dans le Hoggar avec d’autres découvertes du pays, comme celles décrites dans certains itinéraires d’exploration des destinations phares d’Algérie.
Dans tous les cas, adapter la durée passe par un dialogue sincère avec l’agence, le guide ou le conseiller voyage. Il ne s’agit pas de “se vendre” comme plus sportif qu’on ne l’est, mais au contraire de décrire son expérience réelle : nombre de randonnées effectuées récemment, éventuels problèmes de genou ou de dos, appréhension face au vide, confort avec la vie en bivouac. Ce sont ces éléments concrets qui permettront de recommander, par exemple, un 7 jours plutôt qu’un 10 jours, ou inversement.
Finalement, le bon calibrage de la durée est ce qui permet d’arriver au dernier bivouac avec cette sensation rare : être fatigué juste ce qu’il faut, nourri d’images et de rencontres, et prêt à rentrer… tout en sachant déjà que le Hoggar, lui, continuera longtemps de hanter les rêves.
Combien de jours faut-il prévoir au minimum pour découvrir le Hoggar en trek ?
Pour une première découverte du Hoggar, prévoir au minimum 5 à 7 jours de trek permet déjà de rejoindre les environs de l’Assekrem, de marcher plusieurs jours en itinérance et de vivre l’expérience des bivouacs sous les étoiles. En dessous, la part de transferts en 4×4 et de logistique prendrait le dessus sur la marche elle-même, et la sensation d’immersion serait plus limitée.
Un circuit de 10 jours de marche dans le Hoggar est-il accessible à un randonneur moyen ?
Un trek de 10 jours dans le Hoggar s’adresse à des personnes en bonne condition physique, capables de marcher 4 à 6 heures par jour avec un sac léger, sur terrain caillouteux et parfois sablonneux. Il ne nécessite pas un niveau d’alpinisme, mais une certaine habitude de la randonnée et de l’itinérance. Les ascensions optionnelles, comme celle du mont Tahat, peuvent être laissées de côté par les participants qui se sentent moins à l’aise.
Quelle période choisir et comment la saison influence-t-elle la durée idéale du trek ?
La saison la plus recommandée pour un trek dans le Hoggar va de l’automne au printemps. En hiver, les journées sont agréables pour marcher mais les nuits sont froides, ce qui rend les treks de 8 à 10 jours très confortables d’un point de vue thermique. Au printemps ou en début d’automne, la chaleur augmente en journée : il peut alors être judicieux de privilégier des circuits légèrement plus courts ou d’intégrer davantage de journées avec des étapes réduites, en partant tôt le matin.
Comment savoir si l’on est prêt pour un trek long de 12 à 13 jours dans le Hoggar ?
Un trek de 12 à 13 jours dans le Hoggar demande une expérience préalable de plusieurs jours de marche consécutifs, une bonne résistance à la fatigue et une capacité à accepter la sobriété en termes de confort, d’alimentation et d’hygiène. Si l’on n’a jamais randonné plus de deux ou trois jours d’affilée, il peut être plus prudent de commencer par un circuit de 7 à 10 jours, puis de revenir plus tard pour une grande itinérance une fois que l’on connaît mieux ses réactions au désert.
Le visa à l’arrivée en Algérie change-t-il quelque chose à la durée du trek à prévoir ?
Le visa à l’arrivée simplifie surtout la préparation administrative du voyage, mais il n’influe pas directement sur la durée du trek. En revanche, le temps de transit à Alger ou à Tamanrasset, les éventuels contrôles et les vols intérieurs doivent être pris en compte dans la planification globale : il est recommandé de compter une douzaine de jours au total pour un trek de 10 jours sur le terrain, afin de ne pas compresser excessivement les temps de trajet et de repos.





